L’infantilisme comme moyen de ne pas vieillir (par Lionel)
Bonjour,
Je suis tombé sur votre site très bien fait et je souhaite aujourd’hui apporter ma pierre à cet édifice qui m’a permis de me poser les bonnes questions en vous laissant libre d’exploiter mon analyse. Peut être mon exemple incitera d’autres publications et permettra d’avoir une base de donnée solide pour arriver à comprendre quels sont les mécanismes qui amènent à l’infantilisme, sachant que j’explore une piste que je n’ai vu nulle part jusqu’ici : l’infantilisme comme moyen de ne pas vieillir.
Lionel K.
17 janvier 2010
J’ai trouvé le pourquoi du comment de ma sexualité, j’ai pu relier les points et arriver à la bonne conclusion. Tout prend sens, tout devient logique, je sais maintenant pourquoi j’aime les couches, et, finalement, pourquoi une relation sexuelle ne m’intéresse tout simplement pas. Cela remonte à mes quatre ans. Pour rappel, les éléments de l’infantilisme restent incertains. On trouve cependant un certain nombre de caractéristiques propres :
Égoïsme
Les AB se distinguent généralement par leur égoïsme. En effet, vouloir régresser au stade de bébé ou jeune enfant implique une perte totale du pouvoir de décision et donc in facto de responsabilité. C’est considéré comme hautement égoïste. Je suis en effet égoïste, mais l’égoïsme n’est pas une raison suffisante à mon avis : on peut considérer ça comme un élément qui amène à l’infantilisme, mais pourquoi ? De quelle façon? De façon très positive pour mon égo, je m’aime, je m’aime plus que n’importe quoi, et n’importe qui, mais de quelle façon cela peut-il m’amener à aimer agir en bébé ?
Intelligence
Là, l’amour des couches se révèle être une perversion réservée à l’élite : le QI moyen d’un AB (Adult Baby, ou bébé adulte en français) se situe entre 120-135 points, ce qui est bien au dessus de la moyenne. Je doute que les couches amènent à l’intelligence, l’inverse semble plus logique dans un enchainement de faits. C’est parce que l’on est plus intelligent que l’on va comprendre certaines choses plus vite. Et si ce qui était à l’origine de la perversion avait quelque chose à voir avec un savoir auquel on aurait eu accès trop jeune ? Jusque là, je ne voyais pas quoi, mais en cherchant bien : quel traumatisme intellectuel date de mes quatre ans, avant la première fois où j’ai voulu porter des couches ? Un traumatisme qui, bien entendu, n’est toujours pas résolu, et ne le sera jamais, à moins qu’on me laisse parvenir à mes fins… avant ma fin ? La prise de conscience de ma mort ! C’est intervenu juste avant, et mon attirance à la régression est proportionnelle à ma peur instantanée de ma mort. C’est une peur que j’ai compris bien avant les autres, à vrai dire, je me sens même très seul face à cette peur, parce que personne que j’ai rencontré ne semble avoir aussi peur que moi. Je me rappelle mes quatre ans lorsque j’ai compris pour la première fois que j’allais mourir, ça m’a empêché de dormir pendant de nombreuses années plus tard, j’ai même du pratiquer sans savoir ce que c’était l’auto-hypnose pour ne pas faire face. Est-ce alors si étonnant que j’ai voulu porter des couches ?
Substitution
On sait peu de choses de l’infantiliste, mais on sait que c’est pour se protéger qu’à un moment ou un autre, au lieu de subir les séquelles mentales de ne pas avoir ce qu’il veut, l’AB change de désir. Au lieu de faire face à l’insoutenable (de son point de vue), son subconscient lui demande instamment de se décharger de ses responsabilités. Se décharger de ses responsabilités peut-être une démarche égoïste, mais ce que je vois, c’est surtout qu’en se mettant volontairement dans un rôle qui ne lui permet plus d’agir, l’AB « tranche le nœud » de son problème en n’ayant plus à y faire face (un bébé ne peut faire face puisqu’il ne peut prendre aucune décision, c’est là à mon avis la problématique principale des AB).
Alors voici l’enchainement des faits tel que je comprend qu’il s’est produit: je suis choyé et aimé, à tel point que j’en viens à m’aimer plus que tout. Je suis égoïste : mon bonheur tourne autour de moi, je suis la chose la plus importante, celle qui compte plus que tout le reste, car tout le reste est accessoire, moi pas. A l’aube de mes quatre ans, chez ma grand mère paternelle et avec la mentalité mentionnée précédemment, je découvre que je vais mourir, ou plutôt, je prend conscience de ma mort inéluctable. Ainsi, je me rend compte que la seule chose qui compte pour moi va disparaître, à jamais pour toujours. Je suis trop intelligent pour avoir des croyances enfantines qui m’auraient protégé à ce moment là (j’étais déjà un athée pur et dur), je suis donc confronté sans bouclier à la chose la plus affreuse à laquelle j’aurais pu être confronté. Les réponses des adultes et des autres enfants que je côtoyais à ce moment là ne m’ont été d’absolument aucun secours ! Je vais crever. Cette simple vérité, que je comprends dans toute son ampleur à mon plus jeune âge, aidé par une intelligence et une connaissance du monde disproportionnées par rapport à ma maturité, m’empêche de prendre du recul et de me protéger. Je ne peux plus dormir ou vivre sans y penser, mes pensées sont uniquement axées sur cet événement terrible dont je ne parviens pas à détourner le regard : en effet, comment détourner les yeux du plus dangereux ennemi de ma vie, alors qu’il est en moi, et qu’il a déjà commencé à agir ? Ce plus grand ennemi, c’est la vieillesse. J’ai compris sans grande difficulté que plus on est vieux, plus on est proche du jour de sa mort : c’est inéluctable ! Comment pouvais je réagir ? J’avais la nausée toutes les nuits, je n’arrivais plus à discuter avec les autres, j’avais peur, tout le temps, et c’était justifié. Face à une telle misère pour mon intellect, il y a eu un dérapage, il fallait bien s’en sortir, c’était une question d’équilibre ! Le dérapage est simple à comprendre, c’est une logique infaillible, c’est la conclusion ou plutôt son application pratique qui laisse à désirer. Même à quatre ans, je savais que vieillir c’était s’approcher de sa mort, j’ai alors commencé à désirer l’impossible : rajeunir… à quatre ans. Alors oui, rajeunir, c’est en effet s’éloigner de sa mort, mais est ce possible ? Non, et pourtant dieu sait que je ferai tout pour y parvenir. C’est à ce moment là que ma raison a fini par commettre une erreur due à l’épuisement. Je n’ai qu’à être un bébé, c’est ce qui est le plus éloigné de la vieillesse. J’ai donc décidé de redevenir un bébé… pour toujours… faisant complètement abstraction du fait que faire le bébé ce n’est en aucun cas rajeunir: ce n’est pas possible. J’ai souhaité malgré tout me travestir : je fais abstraction du fait que je ne suis pas ce que je paraît, car du temps que je crois que c’est vrai, je le percevrai exactement de la même manière.
Relions les points de façon claire : je suis très intelligent, et j’ai un égo surdimensionné. Tout se passe bien jusqu’à l’aube de mes quatre ans. Et là, mon intelligence m’amène à altérer de façon ultra violente et sans prévenir mon égo, le réduisant à néant. J’ai réduit à néant la seule chose qui comptait pour moi, me voyant à l’état de cadavre, puis de poussière, éparpillée dans l’espace avant de disparaître tout à fait. Dites à un égoïste qu’il n’existe(ra) pas, vous l’avez détruit. Je ne supportais pas (et ne supporte toujours pas) l’idée de ne pas exister. Je pense que l’enfant perçoit comme moyen de défense naturel la régression, la déresponsabilisation permet d’oublier ses problèmes et sert à ce titre de thérapie. Et cette thérapie sert à protéger mon égo, elle lui permet de survivre… pour l’instant, car là est toute ma problématique hier à quatre ans comme aujourd’hui à dix neuf ans et je le crains pour le reste de ma vie : mon problème n’est toujours pas résolu, je n’existe pas de façon plus consistante aujourd’hui qu’au moment où j’ai pris conscience de ce problème. L’infantilisme est donc pour moi un moyen de substitution à l’immortalité. C’est ma seule façon de ne pas devenir tout à fait fou et de me suicider tellement l’idée de ne pas être immortel m’est insupportable: rien que de re-réaliser que je vais mourir, j’ai des nausées, et j’ai très peur, mes démons me poursuivent toujours. De moi à vous, j’ai tellement peur de mourir que j’ai toujours dans l’idée depuis le jour du traumatisme de trouver le moyen d’être immortel (ou plutôt d’arrêter de vieillir), par la recherche biologique, même si mes chances d’aboutir avant ma mort sont… nulles ?
J’espère que cette analyse qui est à ma connaissance la première publique sur l’infantilisme permettra à d’autres de trouver le pourquoi du comment, parce que les infantilistes sont sujets à la dévalorisation de soi, ce qui est une plaie dont on se passerait tout de même bien alors que (sans savoir encore si je fais de mon cas une généralité) l’infantilisme sert précisément à protéger l’égo ! On y est pour rien si on s’aime plus que les autres, si notre intelligence nous a amené à nous traumatiser tout seuls, et, enfin, si le fait de se travestir en bébé (porter des couches) est le seul moyen que l’on ai trouvé pour se protéger de la folie, la vraie ! Ce témoignage pourra aussi permettre aux psychologues d’avoir de la matière sur laquelle travailler lorsqu’un infantiliste vient les voir (pourquoi ne pas publier d’autres analyses à des fins de comparaison ?).
Merci de m’avoir lu jusqu’au bout !
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Au fait, je suis vraiment très intéressé par d’autres témoignages, des avis, de l’aide pour résoudre mon traumatisme (pourquoi pas ?), merci de faire vivre cette page !
Commentaires
Il y a 2 commentaires sur l'article “L’infantilisme comme moyen de ne pas vieillir (par Lionel)”.
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J’ai lu je trouve très interressant, en ce qui me concerne
je sais que cette pulsion est apparue à mes 6 ans quand je
m’éttait casser une jambe à ski
Bonjour,
J’aime bien votre analyse/témoignage.
Pour ma part, tout a commencé à 3 ans quand une infirmière a voulu me langer pour une nuit à l’hôpital. Je me souviens que j’étais content à la perspective de passer la nuit en couche. D’être traité comme un bébé … mais mes parents l’on arrêté dans son geste déjà bien entamé en lui disant que j’étais propre. Il paraît qu’à 3 ans on a pas de souvenir … pour ma part, tout est très très clair dans ma mémoire.
Dès lors, j’ai joué avec les couches de mes petits frères. Je langeais mes nounours… jusqu’au jour où j’ai essayé sur moi. J’avais une dizaine d’années. Et je me suis senti comme lorsque j’étais le bébé de 3 ans qu’on a arrêté de langer. C’était comme si se terminait l’acte inachevé. Et aujourd’hui, je cherche sans cesse à terminer cet acte. Mais bien entendu, rien n’est assez fort pour modifier un souvenir. Donc je recommence indéfiniment à porter des couches …
Tout ça pour dire quoi ?
Que je pense qu’une bonne part d’entre nous qui aimons porter des couches ont un souvenir plus ou moins conscient des premières années de leur vie. Une mémoire plus forte que la moyenne. Et qu’un acte ou une découverte dans les premières années peut conduire une personne à l’infantilisme.
La peur de la mort pour ma part m’incite à jeter mes couches (cycle de purge)… que l’on découvre après ma mort que je porte des couches sans que je puisse expliquer ce que je viens d’écrire m’effraye !