Perceptions de l’infantilisme

Cet article aborde les points de vue que les infantilistes eux-mêmes ont sur l’infantilisme, et celles que les autres personnes ont. Le but est de tenter d’aider ceux qui lisent cet article, qu’ils soient infantilistes ou pas, à comprendre la nature de ce phénomène, pour mieux le comprendre et l’accepter.

Le premier sentiment que les infantilistes et les non-infantilistes ont sur l’infantilisme est le même : un sentiment de confusion. Pour les infantilistes, il est difficile de comprendre leurs propres désirs, surtout lorsqu’ils s’en rendent compte vers l’adolescence. Certains se sentent dégoûtés par la manière avec laquelle ils agissent, et souhaitent que tout cela s’arrête. Cependant, les envies sont bien souvent trop intenses pour pouvoir les surmonter sur le long terme, causant la résurgence des envies et la reproduction des comportements. Cependant, de nombreux infantilistes cherchent à se comprendre grâce à des livres sur les pratiques sexuelles, des magazines et, plus récemment, grâce à Internet. Toutes ces recherches affectent le point de vue de l’infantiliste sur ses désirs, et le mènent progressivement vers l’acceptation.

Au contraire, la plupart des non-infantilistes n’ont jamais entendu parler de l’infantilisme, et les rares personnes qui en ont entendu parler en savent peu sur le sujet. C’est l’une des principales raisons pour lesquelles les réactions face à l’infantilisme sont souvent négatives. Lorsque le cerveau se trouve face à un nouveau schéma d’information, il essaye de le compléter rapidement avec n’importe quelle information connue, qui s’en rapproche de près ou de loin. C’est pourquoi les gens ont en général beaucoup de préjugés à propos de l’infantilisme, dont la plupart sont totalement faux. C’est aussi la raison pour laquelle l’infantilisme peut être confondu avec des états ou des pathologies plus connus, mais qui n’ont absolument rien à voir. Il est parfois difficile de ne pas percevoir un infantiliste comme un « être bizarre », voire comme un pervers. Le contraire nécessite de l’ouverture d’esprit, et une volonté d’accepter la nature des autres.

Quelques fois, la comparaison aide à relativiser les choses. Par exemple, si vous être le parent d’un infantiliste, vous allez prendre en considération toutes les choses que votre enfant pourrait faire, et qui seraient bien plus dangereuses que le simple fait d’être un bébé adulte. Notamment, l’infantilisme est bien moins nuisible que la drogue, le tabac ou le vagabondage sexuel…

C’est une idée à laquelle beaucoup de gens ne pensent pas lorsqu’il apprennent qu’une personne proche est infantiliste. Ils ne le comprennent pas, et sont donc incapables de trouver un moyen de l’accepter. Dans ce cas, il peut se passer deux choses : soit ils décident de couper tout contact avec la personne (c’est généralement le cas pour des amis), soit ils essayent de changer la personne (comme c’est généralement le cas dans une famille). Cependant, la dure réalité est qu’il n’y a pas de solution à ce problème. La thérapie psychologique est souvent la solution retenue par les parents d’enfants infantilistes. Cependant, cela met rarement, voire jamais, un terme aux envies infantilistes. Écarter leur enfant de tout ce qui pourrait lui permettre de se livrer à ses tendances infantilistes n’est pas non plus une solution. Cela pourrait même aggraver la situation, parce que non seulement cela ne lui fournit pas d’exutoire pour ses envies infantilistes, mais cela menace aussi la confiance que l’enfant a envers ses parents.

La réalité de l’infantilisme est telle que, intrinsèquement, elle ne met absolument personne en danger. Les seuls dangers indirects sont la perception négative et l’excès. Comme pour toutes les attirances et désirs, les infantilistes doivent trouver un équilibre sain entre leurs pulsions infantilistes et leurs responsabilités d’adulte. Un infantiliste sain est une personne qui est capable de trouver cet équilibre. Le fait de ne pas parvenir à cet équilibre peut relever d’un état pathologique. La marginalité de ce style de vie est une des causes de la stigmatisation de l’infantilisme. Passer outre cette stigmatisation est un challenge, mais une fois que cette barrière est franchie, notre opinion de l’infantilisme sera complètement différente. La tolérance est ce dont nous avons vraiment besoin. Ce n’est pas nécessaire que quelqu’un se force à aimer ce qu’il sait qu’il ne peut pas aimer. Cependant, le tolérer, et accepter son existence comme quelque chose de pas mauvais, mais seulement différent, est un acte requérant un effort, mais qui a la plus de répercussions positives sur nous tous. C’est un acte qui, s’il est réalisé par tous, peut faire avancer la société vers une plus grande ouverture d’esprit.


Cet article est une traduction d’un article original en anglais extrait du site ADISC, un site communautaire de soutien aux AB/DLs, et a été réutilisé avec leur aimable autorisation.