Enquête : les AB/DLs et les couches qu’ils préfèrent
Contrairement à ce qu’on pourrait croire, les infantilistes et les fétichistes des couches ont généralement des préférences bien marquées en ce qui concerne les couches qu’ils utilisent : chaque individu préfère un type de couche bien particulier. Il est donc intéressant d’étudier les facteurs qui influent sur ces préférences, en raison de la diversité des types de couches qui existent et ont existé depuis plusieurs décennies.
Dans l’histoire récente, les types de couches les plus répandus ont progressé des couches en tissu portées sous des culottes en caoutchouc (jusqu’aux années 1940), aux couches en tissu avec des culottes en plastique (1940-1960), en passant par les changes jetables en forme de sablier (1970-1990), et finalement les couches jetables avec un revêment en non-tissé, ressemblant à du tissu (depuis les années 1990).
Les résultats d’une enquête ont été analysés pour comparer les AB/DLs par rapport au type de couche qu’ils portaient étant enfant, le type de couche qu’ils préfèrent aujourd’hui, leur année de naissance, leur sexe, leur stabilité familiale et leur continence.
La confrontation entre les années de naissance des AB/DLs qui indiquent avoir grandi avec un certain type de couche et ceux qui indiquent préférer un certain type dans leur infantilisme ou leur fétichisme a montré un décalage d’environ 5 ans. Cette tendance suggère que le principal facteur qui détermine le type de couche préféré d’un infantiliste ou d’un fétichiste des couches est le type de couche qui prédominait à l’époque de son enfance, mais pas nécessairement le type qu’il ou elle portait étant bébé. Comme le type de couche prédominant a seulement changé un petit nombre de fois, les deux types (prédominant/porté) sont souvent les mêmes.
La majorité des gens, AB/DLs et non-AB/DLs, n’ont aucun souvenir de leur propre enfance. Dans les données de l’enquête, le fait que les couches aient été jetables ou non semble affecter leur aptitude à se souvenir du type de couche utilisé pendant leur enfance. La vue d’anciennes couches, rangées à un endroit ou un autre de la maison a, semble-t-il, servi d’indice lorsqu’ils tentaient de se souvenir de leur enfance.
Des études précédentes ont montré qu’il y avait un âge limite supérieur auquel l’infantilisme paraphilique ou le fétichisme des couches était susceptible de se développer. Un intérêt pourrait se développer après cet âge, mais sans forme de paraphilie spontanée et compulsive. Ces nouveaux résultats suggèrent que les désirs des infantilistes sont souvent influencés par une reconstruction, une recherche de leur propre enfance oubliée, ou indirectement par l’enfance d’une autre personne, ou bien encore par l’expérimentation de couches trouvées par hasard.
Contexte de l’étude
À la différence des parents ou des personnes incontinentes, qui choisissent un type de couche pour certaines raisons pratiques, les AB/DLs préfèrent un type de couche particulier pour des raisons qui sont plus difficiles à expliquer. Beaucoup d’AB/DLs ont remarqué que ce qui différenciait les personnes qui préfèrent les couches en tissu (ou couches lavables) et ceux qui préfèrent les couches jetables (ou changes complets) est l’année de naissance.
Il existe une grande diversité de couches. Dans les dernières décennies, le matériau absorbant des couches a beaucoup évolué pour aller de la simple bande en coton éponge au polymère superabsorbant (ou SAP), utilisé couramment dans les couches jetables. La classique épingle à nourrice a été successivement remplacée par des bandes adhésives, puis du Velcro.
Le revêtement extérieur, l’élément le plus visible d’une couche, a été l’élément le plus facile à étudier dans cette enquête. À l’époque des couches lavables en tissu, la couche pouvait être utilisée sans élément imperméable. Cependant, on utilisait souvent une culotte plastique imperméable par dessus. Initialement, les culottes étaient faites avec du caoutchouc ou du tissu caoutchouté. Plus tard, on utilisait du plastique avec des ourlets élastiques. Les couches en tissu restent cependant emblématiques.
Avec l’arrivée des couches jetables, le revêtement imperméable était directement intégré au matériau absorbant. Les couches jetables existaient déjà avant que Procter et Gamble n’arrivent sur le marché, mais elles n’étaient pas très répandues. Des tests marketing réalisés pour Pampers ont commencé dès 1961, pour un lancement national aux Etats-Unis en 1966. Les couches étaient initialement rectangulaires et devaient être pliées, comme avec les premières couches en tissu. Elles comportaient une feuille plastique imperméable. Cependant, les couches jetables rectangulaires n’ont jamais dominé le marché.
En 1976, la marque Luvs commercialise une couche jetable « anatomique » (en forme de sablier). La forme en sablier suivait la forme des culottes imperméables, contrairement aux couches en tissu. Elles nécessitaient des élastiques à l’entrejamble et étaient donc plus difficiles à fabriquer. Les autres marques ont emboîté le pas en adoptant cette forme. En 1976, 50% des couches aux États-Unis étaient jetables. Cela atteindra 80% en 1982 et 95% en 1999 !
En 1994, un revêtement non-tissé (« toucher coton ») apparaissait sur les couches Huggies, ressemblant plus aux premières couches en tissu. Alternativement, la couche avec un revêtement en non-tissé a pu être conçue dans le but de donner l’impression que la couche n’était pas vraiment jetable, et pour ressembler plus à un sous-vêtement : c’est au cours de cette même année 1994 que Kimberly Clark a lancé les Goodnites.
Dans le reste de cette étude, les deux derniers types seront respectivement appelés « couches jetables » et « couches jetables en non-tissé ».
Cet historique est intéressant dans le sens qu’il permet d’étudier la manière dont la nature des couches utilisées par un AB/DL durant son enfance a influencé le type de couche par lequel il est attiré dans son infantilisme ou son fétichisme. Comprendre pourquoi un type bien particulier de couche est au centre des désirs d’un AB/DL peut fournir un aperçu des raisons pour lesquelles les couches sont un élément central dans l’infantilisme ou le fétichisme des couches.
Il est généralement accepté dans la communauté que la plupart des AB/DLs préfèrent le type de couches qu’ils utilisaient étant bébé. C’est un élément intéressant car, selon une étude précédente, la majorité des AB/DLs n’ont aucun souvenir de lorsqu’ils avaient moins de 3 ans. En cela, les AB/DLs ne diffèrent pas de la population générale, dont les souvenirs les plus lointains remontent à l’âge de 3 à 4 ans. Cette amnésie infantile réf. serait ce qui sépare la plupart des enfants AB/DLs de leur enfance et de leur utilisation de couches. En conséquence, la majorité des AB/DLs n’ont aucun souvenir du type de couches qu’ils portaient lorsqu’ils étaient bébés. L’individu AB/DL pourrait connaître quel type de couche il portait à ce moment en regardant des photos de lui ou de sa maison à l’époque, mais il ne se rappellerait probablement pas les avoir effectivement portées.
Méthode d’enquête
Pour permettre une compréhension plus approfondie et plus détaillée des préférences concernant le type de couche parmi les AB/DLs et la communauté AB/DL en général, nous avons élaboré un questionnaire de 64 questions.
Cette enquête comportait des questions à propos des différents types de couches, de l’importance du type de couche pour l’individu, ainsi que d’autres facteurs. Afin de bien séparer les questions concernant le type de couches que l’AB/DL portait étant bébé et le type de couche par lequel il est attiré en tant qu’adulte, les questions étaient des des sections différentes.
Il y a différentes manières de classer les couches : par moyen de fermeture (épingle, adhésif, Velcro, culotte type « Pull-ups », etc.), par texture intérieure (piqué, flanelle, éponge, gaze, plastique non-tissé, Attends® Micropore, etc.), aspect extérieur (plastique, non-tissé, etc.)… C’est le revêtement extérieur qui a été sélectionné parce que c’est l’élément le plus visible. La comparaison nécessitait aussi de réduire toutes les combinaisons possibles à un seul axe. C’est pourquoi il n’y avait pas d’autres choix, notamment les culottes plastiques portées par dessus les couches jetables. Enfin, le but initial étant de comparer les couches avec l’enfance, c’est pourquoi les culottes d’entraînement et les sous-vêtements absorbants pour enfants énurétiques ont été écartés de l’étude. Ces éléments pourront toutefois faire l’objet d’une prochaine étude.
La question concernant le type de couche portée étant bébé incluait des choix pour les AB/DLs qui ne le savaient pas, ainsi que des choix n’impliquant pas les couches, comme l’hygiène naturelle infantile. De manière similaire, la question concernant le type de couche préféré en tant qu’adulte infantiliste ou fétichiste comportait des réponses pour ceux qui portent des couches mais ne sont pas portés sur un type en particulier, mais également pour ceux qui ne sont pas spécialement attirés par les couches. Une question ouverte, concernant l’attirance pour les couches de l’individu et ce qui l’a influencé, a également été posée.
Les réponses à l’enquête ont été filtrées de manière à éviter les doublons. Certains formulaires étaient incomplets. Seules les questions ayant des réponses complètes ont été inclues dans l’analyse.
Les résultats inclus ici concernent uniquement les AB/DLs : bien qu’il pourrait être intéressant de comparer les AB/DLs et les non-AB/DLs, peu d’individus non-AB/DL ont répondu à l’enquête. De même, pour éviter les hypothèses à propos des diverses influences masculines et féminines sur les AB/DLs transgenres, les résultats comparant les hommes et les femmes n’inclueront pas les réponses des AB/DLs transgenres.
Résultats et analyse
Les couches en tant que bébé
La Figure 1 montre le type de couche que les AB/DLs déclarent avoir porté lorsqu’ils étaient bébés. Les résultats sont représentés sous forme de pourcentage par année de naissance (groupées par période de cinq années). Les types de couches sont ordonnés plus ou moins chronologiquement, des plus anciens en bas, au type le plus récent, en deuxième position en partant du haut. La zone sans couleur, tout en haut du graphique, représente le pourcentage d’AB/DLs qui ne savent pas quel type de couche ils portaient étant bébé.

Figure 1 : Type de couche porté étant bébé selon l'année de naissance de l'individu AB/DL
Comme prévu, il y a une séquentialité dans le type de couche prédominant selon les époques. Les AB/DLs nés dans les années 40 ont subi le déclin des culottes en caoutchouc au profit des culottes en plastique. La prédominance des culottes plastiques continue jusqu’à l’arrivée des couches jetables. Les couches jetables rectangulaires, même si elles ont amorcé la transition, n’ont jamais dominé le marché. À la place, ce sont les couches jetables qui ont prédominé.
Les transitions correspondent avec les attentes du marché américain, à quelques exceptions près. Par exemple, certains AB/DLs qui ont déclaré porter des couches jetables en non-tissé se sont révélés être plus âgés que prévu. Ceux nés entre 1985 et 1989 auraient eu entre 5 et 9 ans au moment où les couches jetables en non-tissés sont apparues. Trois individus de groupes plus âgés ont aussi déclaré en avoir porté, le plus âgé ayant 70 ans au moment de l’apparition. Cela peut être dû à l’utilisation de revêtement en non-tissé sur les culottes d’entraînement et de « pipi au lit », comme les Goodnites®.
On s’attendait à des différences par rapport au marché américain, étant donné que l’enquête inclut aussi des réponses de la part d’AB/DLs qui ne vivent pas aux Etats-Unis. Par exemple, un type de couche européen, qui n’est jamais apparu aux Etats-Unis, se trouvait être composée d’une couche jetable de forme rectangulaire et, séparément, d’une feuille de plastique en forme de sablier (un peu comme une pointe à nouer), avec des adhésifs. « C’était ce genre de couche que j’ai porté étant enfin dans les années 70. Elles sont rectangulaires, blanches, ressemblant à des couches en tissu, sans plastique. Elles sont maintenues en place par une mince feuille de plastique que l’on devait nouer au niveau des hanches, de chaque côté. » Cet homme, né en 1968, a donc déclaré avoir élevé avec des couches jetables rectangulaires. Toutefois, le choix de catégorie est ambigü pour ce type de couche.
Avec l’arrivée des couches jetables est apparue une augmentation du nombre de personnes qui ne se souviennent pas quel type de couche ils portaient étant bébé. Cela peut être dû à la tendance qu’il y avait à recycler les vieilles couches en tissu comme chiffons, qui restaient donc à la maison et visibles. En comparaison, les couches jetables étaient typiquement soit utilisées, soit données. Les anciennes couches lavables remisées dans les placards ou le grenier de la maison ont donc pu servir d’indice à ceux qui ne se souvenaient pas.
Une seule personne a déclaré n’avoir pas été élevé avec des couches. Cet homme, né en 1955, n’a pas pu être joint pour obtenir plus d’informations. Il a déclaré néanmoins être aujourd’hui attiré par les couches jetables.
Les couches en tant qu’adulte
Globalement, 19% des AB/DLs interrogés estiment que le type de couche est important pour eux, et 54% ont un type de couche privilégié. 1% des AB/DLs a signalé un non-intérêt pour les couches, et 2% ont déclaré une aversion pour les couches.
Le type de couche qu’un AB/DL préfère utiliser en tant qu’infantiliste ou fétichiste, est représenté par année de naissance dans la Figure 2. Pour plus de clarté, les années de naissance sont regroupées par périodes de cinq années. Ce graphique inclut uniquement les AB/DLs qui ont un type spécifique préféré de couche pour leur jeux. De la même façon que la Figure 1, ce graphique montre une prédominance chronologiquement séquentielle. Cependant, elle est décalée dans le temps. La Figure 2 n’inclut pas toute la partie de déclin des culottes en caoutchouc que l’on voyait dans la Figure 1. Cette Figure 2 montre également l’arrivée et l’écrasante domination des couches jetables en non-tissé.

Figure 2 : Type de couche préféré en tant qu'adulte selon l'année de naissance de l'individu AB/DL
De nombreuses personnes ayant participé à l’enquête ont estimé que le type de couche-culotte qu’ils aiment porter en tant qu’adulte est déterminé par le type de couche qu’ils portaient étant bébé. En effet, quand on leur demande ce qui a influencé ce choix, beaucoup ont une réponse du type « c’est ce que je portais quand j’étais enfant. »
Certains ont déclaré se souvenir de l’époque à laquelle ils portaient des couches. « Je me souviens que lorsque j’avais 2 ans, je portais des Pampers® des années 80. » Un autre écrit : « Je me souviens encore quand je portais des couches : c’était des couches jetables qui faisaient des bruits de froissement assez fort quand je me déplaçais. Dans mon esprit, ce son est étroitement associé au fait d’être bébé. Les couches modernes ne font pas ce bruit, et ce n’est pas pareil. » D’autres personnes ont extrapolé leur réponse par rapport à ce qu’ils portaient à l’époque où, plus grands, il faisaient encore pipi au lit. « …une couche éponge recouverte d’une culotte plastique blanche. C’est ce dont je me souviens avoir porté lorsque j’étais bébé, mais aussi enfant lorsque je mouillais encore mon lit. »
Quelques personnes ont reconnu ne pas se souvenir consciemment de l’époque où ils portaient des couches. « Mon choix a été influencé en grande partie par le fait d’avoir été langé avec ce même type de couche étant bébé. Même si je n’ai aucun souvenir de ça, j’étais conscient du fait que, durant mon enfance, les couches jetables étaient les plus répandues, et c’est aussi celles que mes parents utilisaient pour mon petit frère. » Un autre homme déclare que ses préférences sont « probablement guidées par un souvenir inconscient de ce qu’il portait étant bébé. »
Pour plus de clarté, deux réponses n’ont pas été incluses. Ces deux personnes avaient opté pour un choix n’impliquant pas les couches comme réponse à la question à choix multiples, mais ont parlé de couche dans la question ouverte suivante.
De façon anecdotique, il peut être intéressant de noter que la couche en tissu n’a eu que très peu d’apparition dans les dessins animés, voire pas du tout. Un homme, né en 1990, écrit la chose suivante : « Il y avait ce vieux dessin animé avec Donald Duck, où le canard sautait dans une machine automatisée, s’est retrouvé pris au piège et langé avec des couches, sans pouvoir les enlever… Ce dessin animé m’a vraiment marqué. » Il a indiqué avoir porté des couches jetables rectangulaires étant bébé, mais préférait maintenant les couches en tissu avec une culotte plastique. Dans le dessin animé, c’était une couche en tissu, plié en triangle et maintenue par une simple épingle à nourrice sur le devant. C’est typiquement le genre de couche que l’on voyait dans les dessin animés.
Un autre dessin animé, « Les Razmoket », est remarquable en ce sens que l’on voit clairement que les personnages portent des couches jetables, couramment utilisées à l’époque. « Ce qui a le plus influencé mon choix était l’apparence des couches que portaient les personnages du dessin animé Razmoket », écrit un homme né en 1994. Il a grandi avec ce type de couche, et c’est ce qu’il préfère aujourd’hui.
Analyse comparative par année de naissance
Qualitativement, les caractéristiques de la Figure 2 semblent devancer celles de la Figure 1. C’est conforme à ce à quoi on peut s’attendre si, peu de temps après la petite enfance, s’installe une préférence pour les couches alors utilisées à cette époque. Les années de naissance moyennes peuvent être utilisées pour comparer les graphiques de manière quantitative. Pour ce calcul, seuls ont été considérés les AB/DLs qui ont déclaré avoir grandi avec un type particulier de couche, et qui ont aujourd’hui une préférence pour ce même type de couche.
Ceux qui ont déclaré préférer aujourd’hui les couches en tissu avec une culotte plastique sont nés, en moyenne, en 1960. Ceux qui déclarent avoir porté des couches en tissu avec une culotte plastique étant bébé sont nés, en moyenne, en 1964. La préférence d’aujourd’hui devance l’utilisation d’hier d’environ 5 ans (4,54 années, avec une erreur-type de 1,4 années). De la même façon, ceux qui ont déclaré préférer en tant qu’adulte les couches jetables ont une année de naissance moyenne en 1979, alors que ceux qui ont déclaré avoir porté ces mêmes couches jetables lorsqu’ils étaient bébés sont nés, en moyenne, en 1985. Encore une fois, c’est un décalage d’environ 5 ans (5,21 années, avec une erreur-type de 0,6 années).
Étant donné que les couches tissu utilisées sans culotte imperméable et les couches jetables rectangulaires n’ont jamais dominé le « marché », que ce soit en termes d’utilisation pour les bébés ou en termes de préférence de la part des AB/DLs, les différences entre les années de naissance correspondantes ne sont pas significatives. Seulement 9% des personnes qui ont déclaré avoir porté des couches en tissu dans leur enfance on indiqué avoir aujourd’hui une préférence pour elles. Parmi ceux qui déclarent avoir utilisé des couches jetables rectangulaires étant enfant, 67% indiquent préférer aujourd’hui les couches jetables anatomiques, et seulement 20% les couches jetables rectangulaires. Tout ceci suggère que les couches les plus répandues à l’époque de l’enfance d’un individu ont plus d’influence sur la préférence que les couches que portaient l’individu étant bébé. L’écart serait alors plus ou moins l’âge moyen auquel cette influence est survenue, ou les âges autour desquels l’influence se répartit. Cet âge moyen serait donc ces fameux 5 ans, auxquels on ajoute les 1 à 3 années passées en couche, soit environ 6 à 8 ans.
Concernant les culottes en caoutchouc, la différence entre les années de naissance est négative, mais cela n’est pas significatif en soi. Les moyennes d’années de naissance pour le type de couche porté et le type de couche préféré proviennent du même échantillon d’AB/DLs, donc mathématiquement, si certains types ont une différence positive, d’autres auront une différence négative. Si la préférence était déterminée à un quelconque âge après 5 ans, la préférence pour les culottes caoutchouc devrait être en position dominante pour les années de naissance un peu avant 1940. Il y a peu de personnes nées avant 1940 qui ont répondu à l’enquête, donnant donc plus de poids aux AB/DLs plus jeunes qui sont aussi fétichistes du caoutchouc.
Le fait qu’il y ait des fétichistes du caoutchouc dans la communauté AB/DL, aux côtés des infantilistes paraphiliques et des fétichistes des couches, n’est pas un hasard. Les AB/DLs fétichistes d’un objet associé à la petite enfance sont, de manière disproportionnée, plus susceptibles de préférer les culottes en caoutchouc (8% contre 4%). De même, ceux qui ont développé une attirance pour les couches ou ce qui a trait à la petite enfance après une forme plus classique de masochisme, sont aussi plus susceptibles de préférer les culottes en caoutchouc (11% contre 4%, par rapport à ceux dont l’intérêt pour les couches ou ce qui a trait à la petite enfance s’est développé en premier lieu, seul, ou en même temps).
Analyse de la correspondance
Le pourcentage d’AB/DLs qui déclarent avoir une préférence aujourd’hui pour le type de couche qu’ils ont utilisé étant bébé est représenté sur la Figure 3. La courbe bleue correspond aux AB/DLs qui ont une préférence pour exactement le même type de couche dans lequel ils ont grandi. La courbe rouge correspond aux AB/DLs qui ont été élevés avec des couches en tissu et qui ont aujourd’hui une préférence pour l’un des 3 types de couche tissu (sans culotte imperméable, avec culotte caoutchouc ou avec culotte plastique), ou bien qui ont été élevés avec des couches jetables et qui préfèrent aujourd’hui l’un ou l’autre des types de couches jetables (rectangulaire, anatomique ou non-tissé).

Figure 3 : Correspondance entre le type de couche utilisé étant bébé et le type de couche préféré à l'âge adulte chez les AB/DLs
Les deux pics correspondent à peu près aux périodes de prédominance des culottes plastique et des couches jetables anatomiques, respectivement. La vallée centrale correspond en gros à la période de transition entre les couches tissu avec culotte plastique et les couches jetables rectangulaires, puis les couches jetables classiques. La baisse à chaque extrémité peut être imputée à la transition entre la culotte caoutchouc et la culotte plastique (pour la première) et à la transition entre les couches jetables plastique et les couches jetables en non-tissé (pour la deuxième). Étant donné que l’on observe un déclin de la courbe rouge vers la fin, cette dernière hypothèse est toutefois incertaine. Mises à part ces transitions, le type de couche qu’un AB/DL a porté étant bébé, le type de couche qu’il a pu voir la télé, le type de couche que le petit dernier des voisins portait, etc. seraient dans la plupart des cas les mêmes.
Conclusion
Dans la recherche d’une meilleure compréhension des raisons qui poussent certaines personnes à vouloir porter des couches, il est opportun d’étudier le type de couche qu’ils désirent. Bien que la préférence, à l’âge adulte, pour un type de couche donné soit largement influencé par le type de couche porté lorsque l’individu était encore bébé, cette enquête montre que c’est en grande partie une coïncidence. La comparaison des âges des AB/DLs qui déclarent avoir grandi avec un certain type de couche et de ceux qui déclarent préférer ce type de couche aujourd’hui montre une avance d’environ 5 ans. La tendance pour un AB/DL est de préférer le type de couche que les AB/DLs plus jeunes de 5 ans indiquent avoir porté étant bébé. Les deux types sont souvent les mêmes, puisque l’histoire récente nous montre qu’il y a toujours un type de couche prédominant, et que ce type change rarement. Pour les individus nés dans les années proches de ces moments de transition, la probabilité de préférer le type de couche porté en tant que bébé diminue.
Au cours des sept dernières décennies, le type de couche prédominant est passé des couches en tissu avec une culotte caoutchouc, aux couches en tissu avec une culotte plastique, puis aux couches jetables plastique et enfin aux couches jetables en non-tissé. Deux autres types figuraient aussi dans l’enquête : les couches en tissu utilisées sans culotte imperméable et les couches jetables rectangulaires ; ni l’un ni l’autre ne s’est jamais imposé dans l’utilisation quotidienne. La plupart de ceux qui déclarent avoir utilisé un de ces deux types en étant bébé rapportent aujourd’hui une préférence pour un autre type parmi ceux qui ont prédominé à un moment ou un autre.
Ces observations nous fournissent quelques indices sur le rôle limité qu’ont l’enfance et les expériences infantiles avec les couches sur le développement de l’infantilisme paraphilique ou le fétichisme des couches. Pour la plupart des AB/DLs, leurs désirs sont causés par une reconstruction idéalisée de l’enfance, et pas nécessairement la leur. L’enquête n’a pas permis d’isoler l’effet des expériences avec les couches pendant l’enfance, mais elle suggère que l’exposition à des couches, en tant que jeune enfant ou en tant qu’adulte, n’a qu’une influence limitée sur la préférence du type de couche. Cela suggère que l’intérêt pour les couches ou pour les objets de la petite enfance prennent généralement leur forme « adulte » quelque temps après que la plupart des AB/DLs aient quitté leurs couches et oublié leur propre enfance, mais avant qu’ils ne deviennent eux-mêmes des adultes.
Références :
- Amnésie infantile : oubli des événements survenus avant l’âge de 3-4 ans. Ce type d’amnésie est généralement expliqué par les changements neurologiques et cognitifs importants qui surviennent dans les quelques premières années après la naissance (d’après Psy Soutien).
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