Les pratiques de l’infantilisme

En quoi consistent les pratiques AB/DL ? Soyons clair, de toute évidence, il n’y a pas de normes en ce qui concerne les pratiques AB/DL. Toutefois, il existe un petit nombre d’activités qui sont assez fréquentes pour être mentionnées.

Le port de couches

Le port de couches est une pratique courante chez les AB/DLs. L’envie de porter des couches est généralement considérée comme leur caractéristique principale. Cependant, tous les AB/DLs ne portent pas des couches…

Couche adulte, biberon et sucette Les bébés adultes étant plus grands (en taille) que les bébés, ils ne rentrent pas forcément dans les couches pour bébés et jeunes enfants. La plupart des bébés adultes et fétichistes des couches utilisent donc des couches pour adultes, que l’on peut maintenant se procurer assez facilement.

Pour un infantiliste, le fait de porter une couche lui procure un sentiment de sécurité, de réconfort. Pour un fétichiste des couches, cela est plus du plaisir, une sorte d’excitation sexuelle.

Les vêtements et accessoires pour bébé

Les Bébés Adultes (AB) portent souvent des vêtements pour bébé en taille adulte (grenouillère, body, gigoteuse, etc.). Un plus petit nombre d’entre eux investit également dans des meubles (lit, table à langer) ou d’autres accessoires (biberon, sucette, hochet, jouets, assiette et couverts pour bébés, tapis d’éveil, mobiles, etc.).

Régression

Certains infantilistes aiment régresser à l’état de bébé ou de jeune enfant, dans le comportement et les activités : ils apprécient que l’on s’occupe d’eux (câlins, tendresse), qu’on leur donne à manger (bouillie, petits pots) ou le biberon, qu’on leur parle comme à un enfant, qu’on leur lise une histoire, etc.

Infantiliste jouant avec ses jouets Certains aiment s’amuser avec des jouets pour les enfants ou les bébés, ou bien faire du coloriage. Pour un bébé adulte, le moment du change de la couche peut également être un moment qui procure beaucoup de plaisir (toucher, odeurs, etc.).

Si l’infantiliste est avec une partenaire femme, il peut aussi apprécier qu’on lui donne le sein (ou tout au moins, de mimer le geste).

Plus rarement, certaines pratiques AB/DL peuvent se rapprocher du domaine du masochisme : certains infantilistes aiment qu’on les punisse (se faire mettre « au coin », se faire gronder), qu’on les fasse obéir à « une grande personne », qu’on leur donne la fessée, ou bien qu’on les attache en les laissant dans leur couche pendant des heures.

Mouiller et salir les couches

Lorsqu’ils portent des couches, environ huit individus AB/DL sur dix apprécient d’uriner dedans la plupart du temps, et un sur dix apprécie de le faire parfois seulement. D’autres ne mouillent pas leurs couches, soit parce qu’ils trouvent ça sale, soit parce qu’ils n’aiment tout simplement pas ça. Certains AB/DLs ont du mal à mouiller leur couche quand ils le veulent (par exemple, difficulté à faire pipi lorsqu’on est couché). Cela peut être en partie résolu en « entraînant » sa vessie.

Environ trois AB/DLs sur dix aiment déféquer régulièrement dans leur couche, et deux autres sur dix apprécient de le faire mais parfois seulement. Le fait de déféquer dans une couche est plus communément considéré comme sale. Cela implique aussi plus de nettoyage, et il est plus difficile de le faire discrètement en public. Même lors de rencontres AB/DL privées, il est déconseillé de le faire en raison de l’odeur. Certains AB/DLs simulent la sensation d’une couche sale à l’aide de banane, de farine d’avoine ou de fromage, dans une pratique appelée « diaper stuffing » (que l’on pourrait traduire littéralement par « couche farcie »). D’autres utilisent la chlorophylle ou du Nullo pour réduire les odeurs.

Pour faire un parallèle avec la régression, au-delà de l’aspect pratique avancé par certains infantilistes ou fétichistes, la couche elle-même est aussi un symbole du retour à l’enfance : le fait de mouiller ou de salir cette couche est un moyen de renforcer cette régression. Aussi, certains infantilistes désirent tout simplement perdre le contrôle, pour se rapprocher de la condition du nourrisson.

Certains AB/DLs sont prêts à beaucoup de choses pour parvenir à mouiller ou salir leurs couches : de la méthode la plus simple et la moins dangereuse qui est de boire beaucoup avant de dormir, aux méthodes non garanties (hypnose), jusqu’à des moyens potentiellement dangereux comme l’utilisation de médicaments.

Enfin, il faut souligner que certains refusent d’uriner ou de déféquer dans leur couche. En ce sens, il convient donc de dissocier clairement l’infantilisme d’autres pratiques comme l’ondinisme, l’urologie et la scatologie.

Porter une couche sous ses vêtements

Un compromis répandu entre la volonté de porter des couches et vivre la vie quotidienne est de porter des couches sous des vêtements normaux. Lorsque les ABs le font, c’est bien souvent dans leur état d’esprit « normal », par opposition à leur état infantile : à cet instant, ils ne sont pas vraiment un bébé ou un enfant, mais simplement un adulte qui porte une couche parce que cela lui procure une sensation de plaisir.

Les ABs et DLs qui ont cette pratique doivent prêter attention à ce que leur couche ne soit pas visible, bien plus que s’ils les portaient pour des raisons médicales. C’est particulièrement vrai pour ceux qui vivent encore chez leurs parents, ou portent des couches pour aller travailler. Ils ont besoin de maintenir un « niveau de discrétion », de sorte que leurs couches ne soient pas détectées. Dans d’autres circonstances, les AB/DLs se contentent simplement de rester discret, de sorte qu’il ne soit pas évident qu’ils sont langés. Si un passant dans la rue remarque les couches, il penserait probablement que c’est pour des raisons médicales.

Couche lavable ou couche jetable ?

Pour un AB/DL sur deux, l’envie de porter des couches concerne un type bien particulier de couche. Les AB/DLs qui ont été élevées avec des couches jetables peuvent ne pas être intéressés du tout par les couches lavables, et inversement. Les AB/DLs plus âgés peuvent avoir plus d’intérêt pour les couches en tissu (lavables). Cette orientation peut donner une indication de l’âge auquel cette attirance pour les couches s’est développée. Certains AB/DLs ont passé leur enfance dans un linge, mais leur intérêt s’est finalement porté sur les produits jetables auxquels ils ont été exposés à l’enfance. Les AB/DLs qui portent des couches sous leurs vêtements peuvent porter indépendamment des couches jetables ou des couches lavables, pour des raisons pratiques.

Un des facteurs dans le choix entre couche jetable et couche lavable est que, à la différence de ceux qui souffrent d’incontinence, les AB/DLs ne portent généralement pas des couches en permanence. Si l’on se base sur les goûts des AB/DLs et sur la situation, cela peut favoriser les couches en tissu, car elles peuvent être portées uniquement au moment opportun. Cependant, cela peut également favoriser les couches jetables, puisque certains inconvénients de l’utilisation de couches en tissus ne changent pas selon la fréquence. Par exemple, à moins que l’art d’utiliser des couches en tissu sans un seau à couches ne soit développé, un AB/DL aura tout de même besoin de garder un seau à couches à proximité, peu importe s’il porte des couches fréquemment ou plus rarement.

En savoir plus sur les couches pour adulte.

Porter des couches en permanence

Un désir qui revient relativement souvent parmi les ABs est de porter des couches tout le temps. Toutefois, le plaisir que procure le port effectif des couches 24h/24 et 7j/7 peut varier. Certains aiment porter des couches en permanence, tandis que d’autres trouvent le fait de les porter de façon intermittente plus agréable et/ou plus pratique. Bien qu’il existe d’importantes variations entre les individus, utiliser des couches tout le temps peut réduire le contrôle urinaire. Certains ABs cherchent activement à perdre le contrôle urinaire par l’hypnose ou par des méthodes de « désentraînement » de la vessie. Certains ABs souhaitent aussi se salir de manière incontrôlée, et beaucoup tentent de simuler une défécation incontrôlée en recourant à des laxatifs.

À l’extrême, un petit nombre d’AB/DLs envisagent parfois de recourir à des médicaments ou à des opérations chirurgicales irréversibles pour parvenir à une incontinence permanente. Il va sans dire que cela est très dangereux, et que cela peut être regretté par la suite…

Le « Coming Out »

Un choix difficile auquel les AB/DLs doivent faire face est de savoir à qui parler de leur attirance et de leurs désirs. Cela leur permet potentiellement d’être accepté pour ce qu’ils sont, et ne pas avoir à se cacher. Toutefois, cela comporte également un risque de honte à la maison, à l’école et au travail. Bien que ça ne soit pas la première chose dans laquelle se lance un AB/DL, ce dernier doit en tenir compte avant toute autre pratique, car toutes ces autres pratiques présentent le risque d’être découvert. Cette décision doit être mûrement réfléchie. Il y a certaines questions à se poser avant de faire son « coming out ».

Cette décision est plus compliquée pour les AB/DLs qui sont aussi parents qui doivent décider quoi dire à leurs enfants, et quand leur dire.

Certains peuvent raconter leurs pratiques et leur vie AB/DL sans pour autant dévoiler leur véritable identité, en ouvrant un blog par exemple.

Le cycle jouissance/purge

Certains jeunes AB/DLs subissent un cycle destructeur nommé cycle de jouissance-purge. Comparable aux cycles destructeurs dans le cas de la boulimie, cela implique une oscillation entre un désir non modéré d’abandonner immédiatement toute pratique AB/DL, et le besoin pressant de mener les pratiques AB/DL jusqu’à des excès.

Réseaux et communautés

Il y a beaucoup de manières pour les AB/DLs de se rencontrer. Sur Internet, il existe un certain nombre de canaux IRC, avec différents niveaux d’activité. Il existe aussi un certain nombre de forums en ligne, tels que ABKingdom pour les francophones ou ADISC, Aby.com et DailyDiapers pour les anglophones. Il existe aussi des mailing-lists en anglais comme Big Babies, Infantilists, and Friends (BBIF), qui a aussi des sections régionales. Dans de nombreuses grandes villes sont organisées des apéros ou des déjeuners/dîners AB/DL.

Trouver une maman ou un papa

Une étape difficile dans la vie d’un AB/DL est de trouver un conjoint « compatible ». Pour les DLs, la recherche est difficile car il y a moins de DLs dans la population. Pour les ABs, la recherche est encore plus difficile parce qu’il n’y a pas de contrepartie claire. Autrement dit, s’il existe un ensemble d’individus adultes qui aiment être traités en bébés, il n’y a pas d’ensemble correspondant d’individus qui aiment traiter des adultes en bébés. En revanche, un masochiste peut trouver le bonheur avec un sadique, par exemple.

Couche adulte et sucette Certains AB/DLs sont prêts à être mamans (ou papas) et bébés à tour de rôle ; ils peuvent traiter leur conjoint en bébé tout en portant des couches-culottes sous leurs propres vêtements. Néanmoins, la forte demande pour les femmes AB/DLs pousse certaines à garder secrètes leurs envies pour éviter d’être submergées par ceux qui recherchent des mamans. Les femmes AB/DLs ne sont pas nécessairement disposées à être mamans. En général, les AB/DLs ont besoin de trouver dans la population un partenaire qui soit suffisamment maternel (ou paternel), ou à l’esprit suffisamment ouvert. Les AB/DLs devraient discuter de leurs intérêts avec leur conjoint avant le mariage.

Pour les DLs, il y a des prostituées assez ouvertes d’esprit pour ce qui concerne les couches. Pour les ABs, il existe des « nounous » ou baby-sitters professionnelles pour adultes (par exemple, la nurserie pour adultes ABCocooning en France).

Jeu de rôle

Le jeu de rôle implique d’assumer des rôles différents dans le cadre d’une scène. Un archétype de scène AB/DL implique un AB/DL de sexe masculin jouant le rôle d’un bébé, et d’une femme assumant le rôle de maman. Deux AB/DLs sur dix effectuent des jeux de rôle fréquemment, et cinq sur dix le font parfois. Le plus souvent, le rôle préféré est celui d’un jeune enfant, par opposition au nouveau-né, un enfant plus âgé, etc. Dans une enquête menée en 2006-2008, aucune femme n’a fait état d’une préférence pour un rôle de « donneuse de soin » (caregiver en anglais), comme nounou ou maman.

Le jeu de rôle peut recourir à des couches, des jouets et des vêtements. Comme les costumes et les accessoires utilisés au théâtre, ils servent à exprimer et à rendre fidèlement le rôle. Le jeu de rôle AB/DL est analogue au jeu de rôle des sadomasochistes, avec des différences dans le contenu, le ton, et la terminologie.

Lorsqu’ils jouent un rôle, certains AB/DLs essayent aussi de régresser. C’est-à-dire, en plus de s’habiller et d’agir comme un bébé, ils essayent aussi de penser comme un bébé.

Accommodation

Comme pour toute chose, l’effet de nouveauté de certaines pratiques AB/DL disparaît petit à petit. Ce phénomène d’accommodation explique aussi pourquoi les films que nous avons vus à plusieurs reprises ne semblent plus aussi intenses ou émouvants, et aussi pourquoi les films sont de plus en plus violents au fil du temps. Certains AB/DLs sont constants dans leurs pratiques, et continuent de faire ce qu’ils ont toujours fait, à peu près à la même fréquence. D’autres vont essayer de nouvelles choses, pour innover. Ces nouvelles pratiques sont généralement plus élaborées et plus extrêmes. Cette poursuite continue jusqu’à ce que la stabilité soit atteinte, ou que quelque autre facteur limite l’escalade.

Remarque : une partie de cet article est une traduction d’un document original intitulé « What do AB/DLs Do? » (en anglais).