Le cycle jouissance-purge chez les AB/DLs
Peu de temps après avoir acheté mon premier paquet de couches pour adulte, je les avais portées, mouillées et, comme pris d’un sentiment soudain de honte, j’ai tout jeté et me suis juré que je ne le ferai plus. J’ai même mis un coup de couteau sur le reste du paquet, pour ne pas être tenté d’aller le récupérer dans la poubelle. J’ai tenu le coup quelques mois mais…
Le paquet de couches suivant était de la marque du magasin Lucky. Je ne l’ai pas fini non plus, et je me suis également débarrassé de toutes mes affaires de bébé. Le cycle s’est reproduit plusieurs fois avant que je comprenne que c’était un mécanisme. Dans le processus, j’ai perdu beaucoup de revues, un couvre-lit du Roi Lion, et un certain nombre d’autres choses. Mais de toutes les choses que j’ai perdues, ce sont les années qui me manquent le plus ; les années passées à vivre avec une mauvaise image de moi.
Qu’est-ce que le cycle « jouissance-purge » ?
Le cycle jouissance-purge est une oscillation entre deux états extrêmes : l’abstinence totale et la pratique excessive ingérable. Il est habituellement causé par un conflit entre culpabilité et besoin. Ce problème de comportement n’est pas spécifique de l’infantilisme (il survient aussi dans la boulimie notamment), mais nous allons nous concentrer sur ce cas particulier.

Les 4 étapes du cycle destructeur jouissance-purge chez les infantilistes
Étape 1, la pratique excessive, ou « jouissance » : le cycle commence lorsque les envies non satisfaites se font de plus en plus pressantes et que l’on cède finalement. Le barrage se rompt, et l’on se précipite pour aller acheter un paquet de couches, par exemple. Cela peut se traduire par toute autre action, mais elle est généralement soudaine, non contrôlée et non modérée. Cette étape se poursuit jusqu’à ce que l’envie soit satisfaite. Ensuite, pour reprendre la métaphore du barrage, la pression diminue au fur et à mesure que l’eau retenue s’écoule. La jouissance devient de moins en moins frénétique, et c’est la transition vers la deuxième étape.
Étape 2, la « vidange : le torrent d’eau qui vient de s’écouler violemment laisse place à un silence contemplatif. Un moment pour regarder ce qu’on l’on a fait. On a risqué de se faire prendre par sa famille, on a décidé de recommencer à faire pipi au lit, de porter des couches tout le temps, et une liste interminable d’autres choses. À ce stade, on réfléchit et on commence à se sentir coupable. Les attentes et les envies extrêmes que mes besoins avaient mis en place font place à la réalité. Le « doux, blanc, chaud et confortable » est remplacé par le « humide, froid, détrempé et odorant ». Ce n’est pas ce que je veux faire de ma vie !
Étape 3, la « purge » : pour contrebalancer les excès précédent, je réagis excessivement, je purge. Je rassemble les couches, les biberons, sucettes, les revues, les photos, et tous les autres accessoires. Je les jette, je les donne, je les brûle, je les supprime. Je jure que je reprend le contrôle de ma vie et que je ne serai plus esclave des couches. Déterminé à ne plus jamais porter de couches, je reconstruis un barrage.
Étape 4, le « remplissage » : tous ces serments et ces reproches ne guérissent pas de l’infantilisme. Le barrage des envies refoulées commence à se reconstruire et la pression remonte. À moins que quelque chose soit fait, la pression monte jusqu’à ce que le cycle recommence. Une fois de plus. Et encore, et encore…
Comment pour briser le cycle ? Améliorer l’image de soi.
Ici, le « truc » c’est de se concenter sur l’image de soi. La plupart d’entre nous sommes habitués à marcher ou à conduire. Pour aller tout droit, nous avançons. Pour aller à gauche, nous tournons à gauche. Nous avons un contrôle complet. Nous pouvons ralentier, accélérer, et aussi décider de nous arrêter quand nous le voulons. Souvent, ce n’est pas le cas avec l’infantilisme, mais c’est comme cela que nous essayons de vivre notre vie.
Chaque fois que l’infantiliste atteint le stade de vidange, son image de lui-même est altérée : il n’a pas un contrôle total sur lui-même. Il paraît hors de contrôle, comme une poupée de chiffon impuissante qui flotte au gré des vagues. Ce n’est évidemment pas le cas, mais la vérité est alors hors de notre champ de vision, de le façon avec laquelle nous sommes habitués à voir les choses. Sauf si l’on est marin.
Les voiliers peuvent aller dans la direction qu’ils veulent, mais pas aussi simplement qu’une voiture le ferait. Ils ont besoin de faire avec la direction du vent. En orientant correctement leur bateau et leur voile, ils peuvent contrôler où ils vont, même s’ils ne peuvent pas contrôler le vent.
En résumé, nous devons travailler en harmonie avec les choses que nous pouvons contrôler pour stabiliser les choses que nous ne pouvons contrôler.
Naviguer dans le cycle jouissance-purge
Plus précisément, nous devons comprendre nos cycles et nous comprendre nous-mêmes, et agir pour arrêter l’oscillation.
Nous avons besoin « d’étudier les cartes », pour cartographier les valeurs, les croyances et les tendances vis-à-vis de notre comportement. Au fur et à mesure que l’on navigue dans le cycle, toute incertitude nous fera faire volte-face. Les croyances qui ont été poussées dans un sens par la culpabilité seront tirées dans l’autre sens par le désir de porter des couches. Toutes les zones grises se déplacent comme des ombres, au travers du cycle. C’est pourquoi vous devez écrire vos valeurs et vos croyances. Revenez-y aussi souvent. Un prêtre, un pasteur et même vos amis peuvent vous fournir l’objectivité dont vous avez besoin. Votre point de vue sera « bloqué » dans le cycle, mais le leur ne le sera pas. Ils peuvent aussi vous encourager dans l’étape du « remplissage » et vous offrir leur bienveillance à l’étape de « vidange ».
Cette « cartographie » vous fera bénéficier de deux choses. Elle vous aidera à comprendre comment le cycle fonctionne, et elle vous donnera une meilleure idée des outils à utiliser pour vous diriger dans ce cycle. Pour arrêter de tourner dans le cycle, vous devrez vous diriger vers le centre, et vous aurez besoin de ces deux choses.
À l’étape de jouissance et de vidange, essayez de vous rapprocher le plus possible de l’abstinence. La jouissance ne commence pas tant que l’on garde le contrôle de soi. Une fois qu’elle a commencé, essayez de la modérer. Rapprochez-vous d’un équilibre stable et supportable en n’exprimant pas votre infantilisme de manière extrême. Par exemple, au lieu de porter couche sur couche et de les mouiller ou les salir des heures durant, contentez-vous d’en porter juste un après-midi. Éloignez-vous de l’envie d’en porter tous azimuts. Cela va ralentir le processus de vidange, de sorte que l’étape de « purge » ne soit pas aussi violente.
Une fois que vous atteignez l’étape de « purge », vous devez régler votre voile. La purge ne démarrera pas avant que vous n’ayez « touché le fond » et réagit. Une fois que vous y êtes, tentez de modérer votre réaction. Dirigez-vous vers un équilibre stable et durable, en ne supprimant pas violemment toute pratique infantiliste. Vivez selon vos croyances, mais cherchez des exutoires acceptables. Y a-t-il quelque chose que vous pourriez faire pour vous défouler, vous libérer un peu de cette pression ? Il existe d’innombrables façons de vous « pouponner ». Peut-être que vous détendre en écoutant une cassette de relaxation pourrait marcher ? Et pourquoi pas ranger votre chambre ? (Ne riez pas. Cela m’a permis de me sentir aimé et chéri. Je devrais le faire plus souvent.) Ou bien, si cela est acceptable pour vous, porter des couches avec modération, de temps en temps, au lieu de tout le temps et de toutes les manières possibles. Essayez tout ce qui est susceptible de maintenir la pression en dessous du point de rupture.
Si une nouvelle étape de jouissance venait à se produire, réglez de nouveau votre voile et continuer à vous rapprocher le plus possible du centre. À cette étape, le centre en question n’est pas si important : il s’agit d’abord d’arrêter d’avancer autour du cycle. Et n’oubliez pas : le but ici n’est pas d’être parfait ou de guérir de l’infantilisme, mais seulement de se libérer de ce comportement destructeur qu’est le cycle de jouissance-purge.
Remarque : cet article est une traduction d’un document original intitulé « The AB/DL Binge/Purge Cycle » (en anglais).
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